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«Lorsque l'incrédulité devient une foi, elle est moins raisonnable qu'une religion»
Edmond de Goncourt

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Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob

À Moïse qui Lui demandait Son Nom, Elohim répondit :

Exode 3:14-15
Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui est m'envoie vers vous. 15 Dieu dit encore à Moïse: Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël: L'Éternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie vers vous. Voilà mon nom pour l'éternité, voilà mon nom de génération en génération.

Je ne sais pas si vous mesurez vraiment le privilège immense qu'est celui d'Abraham, d'Isaac et de Jacob que celui d'être associé au nom même de Dieu. Imaginez une seule seconde si Dieu se présentait au monde comme le Dieu de Thierry et de Natacha.

Et la question peut se poser : mais qu'ont donc fait de particulier Abraham, Isaac et Jacob pour mériter un tel privilège ?
Si on relit les textes du Tanakh à tête reposée, leurs actions ne sont pas vraiment glorieuses. Elles sont parfois même choquantes, voire repoussantes. Et on peut se demander pourquoi ou comment Dieu a pu trouver le moyen d'associer Son Nom à de tels hommes.

Vous me trouvez dur ? Lisons les Écritures !

Le Dieu d'Abraham

Au lieu d'attendre patiemment l'accomplissement de la promesse de Dieu quant à sa postérité, comment s'est donc comporté Abraham ?
Sa femme se faisant vieille et étant stérile depuis toujours, et commençant à douter sérieusement de la promesse de Dieu qui tardait, il est allé coucher avec sa servante !

Genèse 16:3-4
Alors Saraï, femme d'Abram, prit Agar, l'Égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à Abram, son mari, après qu'Abram eut habité dix années dans le pays de Canaan. 4 Il alla vers Agar, et elle devint enceinte. Quand elle se vit enceinte, elle regarda sa maîtresse avec mépris.


Le Dieu d'Isaac

Isaac était un homme doux, tellement doux qu'il en devint faible et lâche, cherchant à ne surtout pas faire de vagues et évitant les conflits au maximum quitte à friser la lâcheté.
Regardez comment Isaac ment par lâcheté pour éviter des problèmes au sujet de Rebecca :

Genèse 26:7
Lorsque les gens du lieu faisaient des questions sur sa femme, il disait: C'est ma soeur; car il craignait, en disant ma femme, que les gens du lieu ne le tuassent, parce que Rebecca était belle de figure.

Regardez comment Isaac cède lâchement, sans même défendre son héritage, les puits creusés par Abraham :

Genèse 26:18-22
Isaac creusa de nouveau les puits d'eau qu'on avait creusés du temps d'Abraham, son père, et qu'avaient comblés les Philistins après la mort d'Abraham; et il leur donna les mêmes noms que son père leur avait donnés. 19 Les serviteurs d'Isaac creusèrent encore dans la vallée, et y trouvèrent un puits d'eau vive. 20 Les bergers de Guérar querellèrent les bergers d'Isaac, en disant: L'eau est à nous. Et il donna au puits le nom d'Ések, parce qu'ils s'étaient disputés avec lui. 21 Ses serviteurs creusèrent un autre puits, au sujet duquel on chercha aussi une querelle; et il l'appela Sitna. 22 Il se transporta de là, et creusa un autre puits, pour lequel on ne chercha pas querelle; et il l'appela Rehoboth, car, dit-il, l'Éternel nous a maintenant mis au large, et nous prospérerons dans le pays.

L'attitude d'Isaac tranche radicalement avec celle de son père Abraham qui n'avait pas hésité une seule seconde à prendre les armes pour libérer Lot des mains de Kedorlaomer et de ses alliés.

Lorsque Jacob s'est déguisé en Esaü, Isaac s'est bien douté qu'il y avait un problème mais là encore, il n'a pas cherché à faire d'histoire, il s'est laissé faire :

Genèse 27:21-23
Isaac dit à Jacob: Approche donc, et que je te touche, mon fils, pour savoir si tu es mon fils Ésaü, ou non. 22 Jacob s'approcha d'Isaac, son père, qui le toucha, et dit: La voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d'Ésaü. 


Le Dieu de Jacob

Mais sans conteste, les actions les plus viles et les plus basses viennent de Jacob.
À son frère qui revient des champs, fatigué du travail et qui lui demande à manger, il ne trouve rien de mieux que de lui proposer un marché :

Genèse 25:29-34
Comme Jacob faisait cuire un potage, Ésaü revint des champs, accablé de fatigue. 30 Et Ésaü dit à Jacob: Laisse-moi, je te prie, manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué. C'est pour cela qu'on a donné à Ésaü le nom d'Édom. 31 Jacob dit: Vends-moi aujourd'hui ton droit d'aînesse. 32 Ésaü répondit: Voici, je m'en vais mourir; à quoi me sert ce droit d'aînesse? 33 Et Jacob dit: Jure-le moi d'abord. Il le lui jura, et il vendit son droit d'aînesse à Jacob. 34 Alors Jacob donna à Ésaü du pain et du potage de lentilles. Il mangea et but, puis se leva et s'en alla. C'est ainsi qu'Ésaü méprisa le droit d'aînesse.

Le texte souligne certes que Esaü méprisa le droit d'aînesse. Mais reconnaissez que le texte aurait pu tout autant souligner la sournoiserie et la cupiditié de Jacob. Vous vous imaginez demander à votre frère ou votre soeur d'échanger son droit d'aînesse contre votre plat de lentilles ? Remettez-vous dans le contexte : Esaü est harassé de fatigue, il ne refléchit pas à ce qu'on lui demande, il est fatigué et il a faim. Et Jacob ne trouve rien de mieux à faire que de profiter de la situation de faiblesse de son frère. Pour l'honnêteté, on repassera.

Vous voulez trouver de l'honnêteté chez Jacob ? Ça va être compliqué de trouver plus menteur que lui dans les textes bibliques...

Genèse 27:16-19
Elle [sa mère] couvrit ses mains de la peau des chevreaux, et son cou qui était sans poil. 17 Et elle plaça dans la main de Jacob, son fils, le mets et le pain qu'elle avait préparés. 18 Il vint vers son père, et dit: Mon père! Et Isaac dit: Me voici! qui es-tu, mon fils? 19 Jacob répondit à son père: Je suis Ésaü, ton fils aîné; j'ai fait ce que tu m'as dit. Lève-toi, je te prie, assieds-toi, et mange de mon gibier, afin que ton âme me bénisse.


Relisez comment Jacob a constitué son bétail et sa fortune :

Genèse 30:31-43
Ma droiture répondra pour moi demain, quand tu viendras voir mon salaire; tout ce qui ne sera pas tacheté et marqueté parmi les chèvres, et noir parmi les agneaux, ce sera de ma part un vol. [...] Quand les brebis étaient chétives, il ne les plaçait point; de sorte que les chétives étaient pour Laban, et les vigoureuses pour Jacob.

Considérez comment Jacob a le culot de parler de droiture alors même qu'il est en train de rouler son oncle Laban !
Et il ne le fera pas qu'une fois :

Genèse 31:20
Tandis que Laban était allé tondre ses brebis, Rachel déroba les théraphim de son père; 20 et Jacob trompa Laban, l'Araméen, en ne l'avertissant pas de sa fuite.


Un Dieu complaisant ?

Les Écritures nous présentent un Abraham doutant de Dieu, un Isaac faible et lâche, un Jacob roublard, vicelard et menteur.

Pour ma part, lorsque j'ai réalisé tout cela, j'ai été interloqué et j'ai médité longuement. Comment Dieu peut-IL associer Son Nom à de tels hommes qui se comportent ainsi ?

La réponse est simple : Dieu ne juge pas la valeur d'Abraham, Isaac et Jacob sur leurs seules actions humaines mais sur leur coeur. Et c'est une chance pour nous aussi. Dieu ne nous juge pas sur nos actes, sur notre tempérament ou sur notre caractère. IL nous juge sur notre coeur. Naturellement, on peut penser que Abraham, Isaac et Jacob se sont améliorés au fil du temps, mais n'allez pas vous imaginer que ces hommes ont changé leurs traits de caractère du tout au tout. Ils sont restés les mêmes — en se bonifiant avec le temps — mais cela n'a pas rebuté Dieu. IL en a même fait le porte-drapeau de Son Nom.

Qu'est-ce donc qui a plu à Dieu en eux ? La foi.
Si on se fie à l'auteur de la lettre aux hébreux, ils avaient la foi :

Hébreux 11:17-21
C'est par la foi qu'Abraham offrit Isaac, lorsqu'il fut mis à l'épreuve, et qu'il offrit son fils unique, lui qui avait reçu les promesses, 18 et à qui il avait été dit: En Isaac sera nommée pour toi une postérité. 19 Il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts; aussi le recouvra-t-il par une sorte de résurrection. 20 C'est par la foi qu'Isaac bénit Jacob et Ésaü, en vue des choses à venir. 21 C'est par la foi que Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph, et qu'il adora, appuyé sur l'extrémité de son bâton.

En d'autres termes, c'est la foi dans nos coeurs que Dieu juge et regarde.
Considérez Jacob : même après avoir pris l'engagement solennel de servir Dieu, il roule encore Laban dans l'affaire des chèvres et des brebis.

Genèse 28:20
Jacob fit un voeu, en disant: Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s'il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, 21 et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l'Éternel sera mon Dieu; 22 cette pierre, que j'ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu; et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras.

Et Elohim ne lui en tient pas rigueur. De la même manière que Dieu ne destituera pas David même après son comportement crapuleux lors du meurtre d'Urie et l'adultère avec sa femme (lire la scène ici).

Pourquoi ? Non pas parce que Dieu prend plaisir dans nos péchés et nos erreurs, mais nos faiblesses et nos imperfections LUI permettent de S'exprimer en nous. Si nous LE laissons faire.

Croire en Dieu et LUI obéir ne fait donc pas de nous ici et maintenant des êtres parfaits et nous devons supporter nos propres faiblesses et nos propres imperfections mais aussi et surtout les faiblesses et les imperfections de notre prochain. La preuve en est les appels répétés de Paul à nous supporter les uns les autres :

Colossiens 3:13
Supportez-vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.

1 Thessaloniciens 5:14
Nous vous en prions aussi, frères, avertissez ceux qui vivent dans le désordre, consolez ceux qui sont abattus, supportez les faibles, usez de patience envers tous.

En effet, si la foi en Yeshua nous rendait parfaits, quel besoin aurions-nous de nous supporter les uns les autres ?
Bien au contraire, nous restons tous des Abraham, des Isaac, des Jacob (et des David), chacun avec nos défauts et nos faiblesses comme croix sur le chemin du salut.

C'est exactement de cela dont parle notre Maître et Sauveur :

Matthieu 7:1-5
Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. 2 Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. 3 Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil? 4 Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton oeil, toi qui as une poutre dans le tien? 5 Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'oeil de ton frère.

Yeshua ne parle ici absolument pas de péché ! Yeshua parle ici de notre propension à juger notre prochain sur son caractère, son tempérament, sa façon d'être. Or nous devons impérativement aller au-delà des apparences, nous devons voir l'autre sous un angle divin, au-delà de la coquille de chair que nous voyons justement avec nos yeux de chair. C'est ce que Elohim a fait. Dieu a offert Son Fils parce qu'IL regardait au-delà de nos défauts et au-delà de nos imperfections. Parce qu'IL voyait déjà Yeshua en nous.

Que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob vous bénisse et fasse grandir Yeshua en vous !


 Publié le 05-09-2021 par Thierry R.   Copie autorisée avec mention de l'auteur

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Chez le docteur, on doit dire le chiffre...?
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